
St-Julie, le 17 mars 2007
Objet : problèmes causés par les implants mammaires au Silicone.
Je désire écrire, au meilleure de ma connaissance, l’histoire qui aurait dû être les plus belles années de ma vie et qui fut plutôt une descente aux enfers et cette histoire n’est toujours pas terminée après vingt-six ans.
Au début des années 1980, j’étais une personne pleine de vie et en très bonne santé. Je travaillais comme chanteuse avec celui qui est mon mari aujourd’hui. Mes seins étaient d’une grosseur normale, mais un peu tombants J’ai contacté le Dr Colette Perras chirurgienne plasticienne pour régler mon problème. Je voulais seulement un redrapage, mais elle m’a suggéré des prothèses Dow Corning me disant que c’était sécuritaire et que je n’aurais aucun problèmes pour le reste de ma vie. J’ai insisté pour connaître les problèmes qui pourraient en résulter et Réal, qui était avec moi, a fait de même. Sa réponse a été formelle : "Pensez-vous que la compagnie Dow Corning mettrait sur le marché quelque chose de dangereux et non sécuritaire pour la santé ? " Avec ces dernières explications, elle a réussi à me convaincre et l’opération a eu lieu le 22 juillet 1981. Deux semaines après l’opération, le sein gauche était devenu dur. À la visite pour enlever les points de sutures, je lui ai demandé si c’était normal. Elle m’a répondu que ça allait se replacer avec le temps. Le durcissement est resté là depuis en plus d’être très dérangeant et agaçant.
Les années ont passé et les problèmes ont commencé à sortir :
- J'ai commencé à avoir mal dans le dos sans aucune raison de causes visibles, un mal qui a nécessité une opération en mai 1985.
- J'ai eu des problèmes d’engourdissements aux deux mains et une opération pour tunnel carpien à la main droite en juin 1985. Les deux opérations n’ont donné aucun résultat.
- J'ai passé plusieurs examens pour le dos : Scan, Mielo, Résonnance Magnétique. Il y avait aucune possibilité de réopérer à cause des risques. On a commencé à me prescrire des médicaments pour contrer le mal et depuis huit ans je prends un dérivé de la Morphine 32mg/jour (dose élevée). Le mal de mon dos était de 10/10 et j’étais incapable de le supporter et depuis ma santé continue de se détériorer. Aucun médecin ne m’a avertie des dangers de la Silicone et de la possibilité que les problèmes viennent de ces implants.
- En 2000, on découvrait une modification de la moelle osseuse des corps vertébraux adjaçants indiquant une réaction chronique.
- Depuis 1985, des douleurs aux jointures. et aux jambes
- Des problèmes de peau et d’œdème.
- Perte de mémoire à court terme.
- Sécheresse de la bouche depuis les années 85.
- Douleurs sévères à une jambe depuis un an. et plus,
- Insomnie chronique depuis vingt ans.
- Je ne peux demeurer assise sur une chaise ordinaire sans douleurs additionnelles. Depuis les années 85.
- Je souffre aussi de spasmes nerveux.
- Douleurs aux seins.
- Enflements des chevilles depuis trois ans.
- J'ai aussi un problème de sensibilité au soleil qui donne des lésions cutanées. depuis 1985.
- Depuis un an, je fais de l’hypertension.
- En mars 2006, on m’a diagnostiqué un diabète.
- J'ai des problèmes à l’estomac et au cou : la douleur commence à la cage thoracique et monte dans le cou comme une crise d’angine. Je fais ces crises quelques fois par mois. J’ai eu une crise dans le bureau du Dr Hyacinthe lors de ma première visite.
- Je suis invalide depuis 10 ans. J’ai vécu l’isolement total, le désespoir et j’ai pensé plusieurs fois au suicide à cause du mal et de mon incapacité de vivre normalement.
En 1994, j’ai entendu parler d’un recours collectif contre Dow Corning. Je me suis inscrite pensant trouver de l’aide, ou des réponses à mes problèmes. À part les échanges de documents de base et les quelques lettres reçues de la part de Maître Lauzon, aucun contact pour sortir de l’isolement. L’espoir de parler avec d’autres qui vivaient les mêmes problèmes aurait sûrement mis un peu de baume sur ces souffrances et aider à trouver des solutions. Nous étions, mon mari et moi, désemparés sans solutions. Je savais que ce recours prendrait plusieurs années.
En 2004, nous avons reçu un papier à remplir pour que l’avocat puisse percevoir son 10 % plus un compte de 250.00 $. Nous avons téléphoné au bureau de Maître Lauzon et nous n’avons pas eu de réponse. Nous avions pas l argent qu il demandais.
À venir jusqu’à il y a quelques mois, je ne savais pas pourquoi j’étais en si mauvaise santé à part le fait d’avoir pris des médicaments. C’est sur l’Internet, en décembre 2006, que j’ai pris connaissance du résumé de l’entente du règlement de Dow Corning. Nous n’avons jamais été informés auparavant de la date limite de l’inscription et de réclamation contrairement à ce que Maître Lauzon veut laisser croire dans sa lettre du 28 février 2007, disant qu’en date du 13 septembre 2004, son bureau nous a fait parvenir une lettre de RAPPEL. Cette déclaration est fausse parce que nous n’avons pas reçu la dite lettre ni aucune autre communication en 2005.
Quand mon mari a découvert sur l’Internet les règlements du recours, il s’est rendu au bureau de Maître Lauzon. La secrétaire lui a demandé si nous avions changé d’adresse. Après vérification de notre dossier sur son ordinateur elle a dit : "On ne trouvait plus votre adresse." Elle s’est retournée vers lui pour lui dire : "Le train a passé et votre femme n’était pas dedans; il est trop tard, maintenant." J'ai demandé à mon mari de la rappeler pour insister et obtenir d’autres renseignements, elle s’est fâchée contre lui et elle a raccroché le téléphone.
Depuis un an et demi, j’ai vu plusieurs médecins plasticiens pour me faire enlever ces prothèses qui ont brisé ma vie. La plupart de ces médecins demandaient des montants qui dépassaient notre capacité de payer. Un médecin plasticien, voyant mon état, a accepté de m’opérer, lors de ma première visite. Selon lui, il n’y avait aucun problèmes à enlever les prothèses, mais il a dit que je n’étais pas suffisamment en santé pour faire un redrapage. Il a également dit que les frais d’opération seraient couverts par la RAMQ. Nous étions encouragés enfin, mon mari et moi, de régler ce grave problème qui me hante depuis longtemps. À la deuxième visite, en vue de fixer la date de l’opération, il avait changé d’avis. Je lui avais pourtant montré les résultats d’examens qui disent que les deux prothèses sont fissurées et en très mauvais état. Le Dr Jean-Michel Hyacinthe, plasticien, a été bête….il niait que les prothèses étaient fissurées. J’ai fait venir mon mari dans le bureau pour qu’il lui répète ce qu’il venait de me dire. J’étais sidérée, incapable de me concentrer comme si on venait de m’assommer. Mon mari lui a expliqué à quel point ma santé s’était détériorée et qu’il allait empirer mon état, en ne faisant rien, à cause des délais et du stress. Sa réponse a été : "C’a m’est égal."
En janvier 2007, j’ai eu un rendez-vous à la Clinique de la Douleur qui a été devancé de trois mois à cause de mon mari qui a supplié l’Hôpital Pierre-Boucher, mais encore là, même après le traitement, la douleur dans ma jambe gauche est revenue après un jour.
De trouver sur l’Internet des témoignages de personnes vivant des problèmes, des symptômes très ressemblants aux miens, mon mari s’est effondré en larmes en lisant cela. La culpabilité, m’a-t-il dit, s’est emparé de moi pour ne pas avoir trouver plus tôt ces réponses. Pourquoi le recours ne m’avait-il pas mis au courant des symptômes de plusieurs ou de me dire ou prendre ces renseignements. J’ai vécu l’isolement total, même dans ce recours, le désespoir. Mon mari me disait souvent : "je ne sais pas quoi faire." Pourquoi toutes ces nouvelles maladies, pourquoi nous ne trouvons pas de solutions ? pour terminer
Je pense que je fais toujours partie du recours, que je suis liée aux conclusions et que ma situation et mon état de santé relève d un règlement évaluer a sa juste valeur.
Lucie Monette,
Témoin : Réal Croteau, conjoint